Hélène, étudiante en Master 2 Neurosciences

Durant la PACES à Nancy, les cours de sciences fondamentales m’ont donné envie de me pencher sur la recherche médicale. En effet, mes professeurs parlaient des dernières avancées scientifiques dans leurs cours (à l’époque, les travaux de Yamanaka sur les iPSC par exemple) et montraient l’implication que cela peut avoir sur la pratique clinique courante, ainsi que les thérapeutiques qui en découlent. J’ai donc cherché à savoir si il était possible de pouvoir continuer d’étudier des sciences fondamentales, en parallèle de mes études médicales. Grâce à un document de l’AMPS (Association Médecine/Pharmacie-Science), j’ai pu avoir un aperçu des différentes options (école de l’INSERM, concours de l’ENS, double cursus intra-faculté ou en autonomie). Mon choix s’est porté sur le double cursus de Strasbourg car l’agencement du programme me correspondait le mieux et Strasbourg est un cadre idéal pour la recherche, avec de nombreux laboratoires de recherche clinique ou fondamentale et des opportunités de participer à des conférences.

Suite à mon admission en médecine en tant que carrée, j’ai donc effectué un transfert de faculté pour venir étudier à Strasbourg. Durant la P2, nous avons eu des cours supplémentaires en option, ce qui m’a permis d’avoir un aperçu sur des sujets variés, même si cela ne correspondait pas à mon domaine d’intérêt. J’ai pu ainsi apprendre à saisir la démarche scientifique et les deux semaines de TP en juin au sein de l’IGBMC m’ont permis, au-delà de batailler avec une pipette, de faire mes premiers pas sur une paillasse. Ainsi, mon premier stage d’été au sein du LNCA (Laboratoire de Neurosciences Cognitives et Adaptatives) à Strasbourg s’est déroulé sans appréhension du matériel à manier. Le sujet qui m’était proposé collait parfaitement à mes attentes : il s’agissait d’un projet de neurosciences, avec des techniques moléculaires, sur une pathologie retrouvée chez l’Homme, soit la maladie à corps de Lewy. C’est à ce moment que j’ai su que cette voie me correspondait vraiment. Travailler à la paillasse, réfléchir sur l’interprétation des résultats, avoir de la créativité sur ses hypothèses, tout en cherchant dans des études précédentes si cela est possible… Bien que cela soit loin de la pratique clinique (que j’affectionne tout autant), j’ai adoré !

S’en est suivi la D1, où j’ai eu la chance de pouvoir passer mon premier semestre à la Medizinische Universität de Graz (Autriche) en tant qu’étudiante Erasmus. Cela m’a permis d’améliorer mon allemand, découvrir une autre culture, mais aussi un autre système universitaire. L’enrichissement intellectuel et personnel que cette expérience m’a apporté valait amplement toutes les démarches administratives qu’il a fallu entreprendre ! Au deuxième semestre, de retour à Strasbourg, en parallèle des études de médecine, j’ai validé deux matières du master 1 de Neurosciences Cellulaires et Intégrées (NCI), soient Neurophysiologie Sensorielle et Motrice et Neurobiologie Cellulaire et Moléculaire. Mon attrait pour les neurosciences m’a poussée dans ce choix, qui s’est conforté au fur et à mesure que les cours avançaient.

Mon deuxième stage d’été s’est déroulé au Japon, au département des Neurosciences Moléculaires de l’université d’Osaka, dans le laboratoire du Pr Yamashita. Grâce au précédent stage d’été, j’ai su affiner mes recherches sur le type de sujets qui pouvaient m’intéresser et quelles techniques me plaisaient. Ainsi, le sujet de ce stage portait sur le rôle de la microglie après un AVC ischémique. Cela m’a d’autant plus plu que j’ai pu rencontrer de nombreux docteurs japonais (neurochirurgiens, neurologues) avec qui les discussions sur les différences de parcours universitaires et de carrières étaient très intéressantes. Cette opportunité de travailler dans un environnement très différent de la culture française m’a beaucoup appris, que cela soit sur la façon de travailler, le raisonnement scientifique, ou le monde de la science (j’ai eu la grande chance de participer à la conférence annuelle de la Japan Neuroscience Society à Yokohama).

Actuellement, je suis en Master 2 de Neuroscience parcours NCI, où je trouve les cours stimulants, avec des professeurs qui transmettent avec plaisir leur savoir. On y apprend à structurer sa pensée, ses idées scientifiques, en faisant preuve de sens critique. Des outils (techniques, hypothèses récentes sur différentes thématiques des neurosciences) nous sont donné, afin de pouvoir, un jour peut-être, imaginer nous-même un projet de recherche répondant à une certaine problématique. Mon stage de cinq mois se déroulera à l’institut de santé mentale Douglas, à Montréal.